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L'enseignement en détresse...
L'enseignement en détresse de Jacqueline de Romilly

6,69 €
Description de ce livre sur l'enseignement L'’enseignement est malade en France. Très malade même, aux dires de l’auteur. C’est un constat. Et il n’est pas nouveau. La nouveauté, il faut peut-être la chercher dans la perspective du sujet. Elle est bien celle d’un professeur de haut parage, féru de grec ancien, premier de son sexe à enseigner dans le sanctuaire du Collège de France, et ayant fait de l’Enseignement sa vie. En réalité, celle-ci et celui-là ont des liens si inextricables qu’'en faisant le triste bilan de la dégradation de l'’Ecole française, Jacqueline de Romilly fait, ipso facto, le bilan de sa carrière professorale maintenant à son terme. D'’où peut-être la présentation vivante d’une matière d’ordinaire si aride. Pourtant, le sujet est explosif à souhait. Et l’'auteur qui sait où elle met les pieds, revendique, d’'emblée, sa pleine responsabilité. Pas question de reculer devant les nuages qui s'’amassent à l’'horizon accoucheur de tollé ! « On arrive à un moment où il devient impérieux de pouvoir exprimer ce que l’'on pense sans en faire retomber la responsabilité sur autrui » Et puis cet aveu qui révèle l'’urgence du témoignage : « ... Je n’ai plus aujourd’'hui le choix qu'’entre le désespoir et la protestation ouverte... » On peut la croire. Pas un mot de ce professeur impliqué depuis un demi siècle dans le progrès de l’'Enseignement français, ne semble avoir été lâché au hasard. L'’enjeu est trop important ! Il s'’est agi de secouer la léthargie d'’un moribond dont le coma paraît d’'autant plus irréversible qu’il est fomenté. Après l'’énoncé des intentions, il faut maintenant nommer les tenants et les aboutissants. Encore une fois de quoi s’agit-il ? * Il y a qu’'en France le marasme a gagné les rouages essentiels des institutions pédagogiques. * Il y a que le « feu sacré » qui animait les générations héroïques a peu à peu déserté les classes provoquant une formidable montée de l'’ignorance, * Il y a que la baisse du niveau de culture générale hypothèque lourdement la qualification du corps enseignant. * Il y a enfin que l'’ingérence politique a créé de faux alibis aux médiocres et imposé des méthodes pédagogiques qui ne font que rajouter à un imbroglio déjà ancien. Heureuse France où le grand nombre ne croit plus « qu'’un français correct vaut mieux qu'’un français incorrect, ni que l’orthographe ait un sens, ni que Platon ou bien Descartes puissent être utiles â connaître ». Les conséquences de ce dédain du savoir crèvent les yeux lorsqu'’un candidat aux lettres supérieures écrit sereinement dans sa copie d'’examen : « Le décor Régence prouve tout de suite que l’action se passe au Moyen Age ». Mais le pire, c’'est qu’un professeur puisse demander à ses élèves ce qu’'est un crucifix et que ceux-ci lui ayant répondu : « une sorte de tourne-vis », il y ajoute foi. Cependant parier de la baisse du niveau général de l’enseignement français n’a aucun sens si, dans la recherche des causes, on ne fait pas le procès de la baisse de qualification des professeurs. On en est à fouler aux pieds cette vérité première qu’'on enseigne bien que ce que l’on connaît bien. Imagine-t-on une classe de latin confiée à des professeurs qui ignorent le latin ? Ne sachant rien du latin ! Stricto sensu. Problème de méthode et de programme dira-t-on. Sans aucun doute.. Faut-il rappeler qu’un éminent professeur avoue ne guère se retrouver dans la terminologie des nouveaux manuels ? Voilà : un égalitarisme borné a faussé le statut des enseignants, en abolissant la sélection automatique, partant le bénéfice de l’émulation. Motif : la politisation excessive des structures de l’Enseignement. Bien sûr, au mépris des canons qui ont donné ses lettres de noblesse à l’'Ecole française. Sans rime ni raison, on a substitué l’égalité DANS l’'enseignement à l’égalité DEVANT l'’enseignement, mis l’égalité arithmétique à la place de l’égalité géométrique prônée par Platon dans sa « République » et ses « Lois ». Ainsi parlant des conditions d’entrée à la prestigieuse ENA, Jacqueline de Romilly note la présence de « candidats sélectionnés sur dossiers en jonction du dévouement dont ils ont fait preuve dans leurs activités syndicales, associatives et politiques... » Et le sont « six membres de la C.G.T. et de la « C.F.D.T. » Précisons : sur 1O nouvelles recrues admises par voix de concours. Cette France-là vit, il faut le dire, à l’heure du socialisme. Et le souci évident des débouchés immédiats peut-il justifier les raccourcis offerts à maintes catégories professionnelles. Jacqueline de Romilly reconnaît elle-même que malgré sa formation de littéraire, elle n’'oserait « conseiller à un jeune de passer un autre baccalauréat que le C ».
Je n'ai pas tout dit de...
Je n'ai pas tout dit de Général Aussaresses

7,75 €
Résumé de je n'ai pas tout dit " Qu'est-ce qui t'a pris d'ouvrir ta gueule? " demande Marcel Bigeard à son camarade de combat, le général Paul Aussaresses, ancien de la France libre, baroudeur de légende, quand il a commencé de livrer ses souvenirs sur la guerre d'Algérie dans son ouvrage Services spéciaux - Algérie 1955-1957 (Éditions Pion et Perrin, 2001). En disant clairement que oui, il avait torturé et qu'il en avait reçu l'ordre, le général Paul Aussaresses a provoqué un beau tohu-bohu médiatique qui s'est soldé par sa condamnation pour apologie de crimes de guerre en 2003 et sa démission forcée de l'ordre de la Légion d'honneur. Tout le monde lui tourne le dos, mais son témoignage en déclenche beaucoup d'autres. Jean-Charles Deniau, qui l'avait interviewé dans son documentaire "Paroles de tortionnaires" est retourné le voir dans sa retraite. Le Général a bientôt 90 ans, il ne voit presque plus, il est fatigué, mais les souvenirs de toute sa vie de soldat et d'agent secret - il a été membre du service Action du SDECE - sont intacts, comme son humour à froid et sa façon particulière d'énoncer les faits. Lui qui a désobéi pour la première fois de sa vie en 2001, en brisant la loi du silence, a décidé de ne pas " rentrer dans le rang" et de récidiver. Est-ce le défaut de reconnaissance qui l'accable aujourd'hui, depuis que la Légion d'honneur lui a été retirée, ou le tourment inavoué de sa conscience qui pousse Paul Aussaresses à affirmer : Je n'ai pas tout dit ? Répondant aux questions sans complaisance de Jean-Charles Deniau et Madeleine Sultan, il se confie, et c'est un demi-siècle de coups tordus, de guerre froide, de ventes d'armes, d'affaires jusqu'ici tenues secrètes qui se dévoilent dans ce livre. Les gouvernements de droite comme de gauche se succèdent sans que rien ne change dans un monde où tous les coups sont permis. Paul Aussaresses répond aux questions, n'a rien oublié et raconte : les ventes d'armes à toutes les dictatures, en particulier à celles d'Amérique latine, sous Giscard comme sous Mitterrand, la formation des futurs officiers tortionnaires du Chili et d'Argentine par des instructeurs français, les opérations "homo" (homicides) en Afrique, Klaus Barbie-Altman opérant pour l'industrie française en toute tranquillité, en Bolivie. Enfin, ultime révélation, Paul Aussaresses nous permet d'éclaircir un des derniers grands mystères de la guerre d'Algérie. Pour autant, le Général a-t-il tout dit de lui-même ? A-t-il consenti à revenir sur ces fameuses " circonstances " qui semblent avoir, au fil d'un irrésistible processus paralysé les plis de sa conscience? Tout au long de ces entretiens très serrés, Jean-Charles Deniau et Madeleine Sultan ont cherché à explorer la question du libre-arbitre et de la responsabilité de l'officier en temps de guerre, qui s'est posée à chaque étape de cet itinéraire sans retour.